L’exhortation post-synodale pan-amazonienne bientôt publiée

16 Janvier, 2020
Provenance: fsspx.news

Une lettre du cardinal Claudio Hummes, datée du 13 janvier 2020 et envoyée à tous les cardinaux et évêques, circule d’ores et déjà sur Internet. Cette lettre, qui n’était pas destinée à la publication, a été révélée par une fuite dont l’origine est ignorée.

Le cardinal Hummes, âgé de 85 ans, a été le rapporteur général du synode sur l’Amazonie et préside le REPAM (Réseau ecclésial Panamazonien). Dans une lettre réservée aux évêques ordinaires du monde entier mais qui a rapidement fuitée sur Internet, le cardinal annonce la parution prochaine de l’exhortation post-synodale du pape François. Cette exhortation, explique-t-il, présente « les Nouveaux Chemins pour l’Eglise et pour une Ecologie Intégrale élaborés sous la conduite de l’Esprit Saint lors du synode pour l’Amazonie ». Il précise que « le pape François espère la promulguer d’ici la fin de ce mois ou au début de février ».

Il annonce encore que le texte sera envoyé en avance aux destinataires de cette lettre et sous embargo, afin qu’ils puissent le présenter à la presse et le commenter. Pour ce faire, une certaine préparation est nécessaire. Plusieurs lectures sont conseillées : il s’agit, dans un premier temps, des textes du synode et de l’incontournable encyclique Laudato si’. Le cardinal Hummes, qui est franciscain mais aurait pu être jésuite, croit utile d’ajouter : « Le but n’est pas de faire de la publicité ou d’attirer l’attention. Il s’agit plutôt de la soutenir discrètement, en tant qu’Ordinaire, en communion avec le Pape François, de se préparer à recevoir l’Exhortation et à la transmettre au peuple de Dieu dans sa juridiction ».

La suite ressemble pourtant bien à un « plan média » : « Vous pouvez commencer à planifier une conférence de presse ou un autre événement dès que possible après la promulgation de l’Exhortation. Par exemple il pourrait être approprié de présenter l’Exhortation avec un représentant indigène, si cela est possible dans votre région, un responsable pastoral expérimenté (ordonnée ou religieux, ou un laïc, homme ou femme), un expert des questions écologiques et un jeune impliqué dans la pastorale des jeunes. »

La plus grande discrétion est demandée : « Veuillez garder cette lettre confidentielle et ne la partager qu’avec les personnes directement impliquées dans la préparation diocésaine de la publication de l’Exhortation, et non avec d’autres personnes ou les médias… »

Un plan de communication pour évêques analphabètes ?

Il est parfaitement compréhensible que la parution d’un texte pontifical doive être préparée en amont, et que le document puisse être accueilli par les évêques afin qu’ils le présentent à leurs diocésains. Toutefois la lettre du cardinal Hummes, dont l’authenticité ne semble guère contestable, soulève bien des questions.

Un évêque a-t-il besoin de se faire aider à ce point pour présenter un texte du souverain pontife ? N’est-ce pas le traiter comme un enfant, à qui il faut tout expliquer ? A moins que le contenu ne soit une pilule si difficile à avaler, qu’il faille d’ores et déjà prévenir le patient ? Afin de se préparer aux réactions prévisibles du « Peuple de Dieu » ?

Faut-il donc désormais se munir d’un « expert de questions écologiques » pour présenter un texte du pape ? Un document qui doit normalement traiter de la gloire de Dieu, du salut des âmes, du ciel et de la grâce… du moins pourrait-on le supposer.

L’évêque doit de plus se faire aider d’un « responsable pastoral expérimenté », lui qui est pourtant le seul vrai pasteur du diocèse ! Ce n’est plus de l’infantilisation, mais un rabaissement de sa mission, diluée dans un démocratisme que l’on revêt du nom de synodalité.

Quant au « représentant indigène », c’est sans doute pour émouvoir le fidèle et fournir quelques clichés exotiques aux médias. Il n’est malheureusement pas précisé dans quelle tenue il doit se présenter…

Cette « préparation d’artillerie » ne présage rien de bon. Il annonce la même « pastorale de la chatière » que celle qui avait été mise en œuvre après le synode sur la famille : un rappel théorique de la doctrine et de la discipline traditionnelle, assaisonné d’une ou deux lignes calamiteuses au nom de la pastorale, à moins que ce ne soit une note de bas de page.

Dans sa lettre, le cardinal Hummes conclut en demandant des prières pour le pape François et tous les évêques « pour la promulgation de l’exhortation et pour disposer le Peuple de Dieu en Amazonie et dans le monde entier » à la recevoir.

Certes, il n’est jamais trop tard pour prier et demander à Dieu qu’il protège son Eglise.